Guide pratique · 7 juillet 2026
Plan grand froid : le même registre, la saison d’en face
La veille des personnes vulnérables ne s’arrête pas au 15 septembre. Du 1er novembre au 31 mars, le plan grand froid mobilise le même registre communal, la même base légale et le même geste — prendre des nouvelles — avec d’autres questions. Ce que les communes doivent préparer pour l’hiver 2026-2027, le premier sous le régime du registre permanent.
Par Matthieu Angibaud, co-fondateur de Foyane. Sources en bas de page.
Un seul registre pour les deux saisons
C’est le point que beaucoup de communes découvrent tard : le registre nominatif de l’article L.121-6-1 du CASF n’est pas un « registre canicule ». Il sert tous les risques exceptionnels visés par le plan départemental d’alerte et d’urgence — la canicule l’été, les vagues de froid l’hiver. Mêmes inscrits, mêmes règles d’accès (agents individuellement désignés et spécialement habilités depuis le décret n° 2026-590), même obligation de contact périodique en cas d’alerte1.
La veille saisonnière hivernale court du 1er novembre au 31 mars. Le cadre national est fixé par l’instruction interministérielle relative à la prévention et à la gestion des impacts sanitaires et sociaux des vagues de froid, déclinée dans le dispositif ORSEC de chaque département ; l’activation opérationnelle suit la vigilance météorologique de Météo-France, et c’est le préfet — pas le maire — qui déclenche l’alerte2.
Ce qui change entre l’été et l’hiver — et ce qui ne change pas
Ne change pas : le registre, la base légale, le protocole (cadence décidée, relances en cas de non-réponse, escalade humaine, traçabilité — voir notre guide des appels), l’exigence d’habilitation des agents.
Change : les questions posées. L’hiver, on ne demande pas si la personne s’hydrate, mais si le logement est chauffé, si elle peut sortir sans risque, si elle a de quoi faire ses courses quand les trottoirs gèlent, si quelqu’un passe la voir pendant les fêtes — la période de l’année où l’isolement pèse le plus. Le risque hivernal est aussi plus long et plus diffus que la canicule : cinq mois de veille contre trois mois et demi, avec des épisodes moins spectaculaires mais répétés.
L’hiver 2026-2027 : le premier sous le régime du registre permanent
Jusqu’ici, beaucoup de communes « rangeaient » le registre après le 15 septembre pour le rouvrir en juin. Le décret n° 2026-590 met fin à cette parenthèse : le registre sert désormais la veille sociale toute l’année (lutte contre l’isolement, repérage de la perte d’autonomie), et il sera alimenté chaque année par les données des nouveaux bénéficiaires de l’APA et de la PCH, sauf opposition. Concrètement : le registre avec lequel vous aborderez l’hiver sera plus fourni que celui de cet été, et il n’y a plus de « morte-saison » pour sa tenue.
Trois chantiers d’intersaison (septembre-octobre) en découlent :
- Le retour d’expérience de l’été : taux de jointe, situations escaladées, coordonnées à corriger — c’est le meilleur moment pour fiabiliser le registre (nos modèles de documents aident).
- La campagne d’information d’automne : bulletin municipal, site, affichage — le registre ne couvre que 1 à 4 % des personnes concernées selon Santé publique France ; chaque campagne d’information le renforce pour toutes les saisons.
- Le protocole hivernal écrit : cadence par niveau de vigilance, script d’hiver, agent d’astreinte, seuil d’escalade — décidés avant novembre, pas au premier épisode.
Et Foyane dans tout cela
La Veille grand froid de Foyane arrive prochainement, sur le socle déjà en service pour la canicule : même registre, mêmes appels de prise de nouvelles avec un scénario d’hiver, même alerte immédiate des agents, même bilan horodaté. L’abonnement couvre l’année entière — les trois veilles comprises — précisément parce que la veille des personnes vulnérables n’a jamais vraiment eu de saison. Nous préférons vous le dire tel quel : cette veille est annoncée « prochainement » et ne sera proposée qu’une fois réellement disponible.
Questions fréquentes
Le grand froid utilise-t-il le même registre que la canicule ?
Oui : le registre L.121-6-1, avec la même base légale et les mêmes règles d’accès. Changent la saison (1er novembre-31 mars), les seuils de vigilance et le contenu du contact.
Qui déclenche le plan grand froid ?
Le préfet de département, sur la base de la vigilance Météo-France, dans le cadre ORSEC. La commune applique ensuite le contact des inscrits.
Faut-il une nouvelle inscription pour l’hiver ?
Non : l’inscription au registre vaut pour tous les risques couverts par le plan d’alerte, sans réinscription saisonnière. La radiation reste possible à tout moment, sur simple demande.
Que change le décret n° 2026-590 pour l’hiver ?
Le registre devient permanent (veille sociale toute l’année) et s’élargira chaque année aux nouveaux bénéficiaires APA/PCH sauf opposition : l’hiver 2026-2027 sera la première saison froide sous ce régime, avec un registre plus fourni et plus vivant.
- Art. L.121-6-1 et L.116-3 CASF ; art. R.121-1-1 à R.121-11 CASF issus du décret n° 2026-590 du 3 juillet 2026 (JO du 4 juillet 2026). Le registre sert l’ensemble des risques exceptionnels du plan départemental d’alerte et d’urgence.
- Instruction interministérielle relative à la prévention et à la gestion des impacts sanitaires et sociaux liés aux vagues de froid (guide national du 18 octobre 2018), déclinée en ORSEC départemental ; veille saisonnière du 1er novembre au 31 mars ; activation sur vigilance météorologique Météo-France. Version en vigueur pour l’hiver 2026-2027 à vérifier à sa parution (les instructions sont réactualisées périodiquement).
Préparez l’hiver pendant qu’il fait chaud
Un abonnement, l’année entière : la canicule aujourd’hui, le grand froid à sa saison, la prise de nouvelles entre les deux.