Comparatif · 7 juillet 2026
Téléalerte, logiciel CCAS, centre d’appels ou appels de veille : que choisir ?
Cinq familles d’outils revendiquent la « veille canicule » — et elles ne font pas du tout la même chose. Ce comparatif dit ce que chacune fait, ne fait pas, ce qu’elle coûte, et comment elles se combinent. Exemples nommés, chiffres sourcés.
Par Matthieu Angibaud, co-fondateur de Foyane. Transparence : nous éditons l’une des solutions comparées (famille 5). Cette page classe des familles d’outils, pas les mérites de nos confrères — les solutions citées le sont comme exemples vérifiables de leur catégorie, et les critères de choix valent quel que soit le fournisseur.
La question à poser avant « quel outil » : quel geste ?
Le plan canicule d’une commune enchaîne trois gestes distincts : tenir le registre (recenser, inscrire, mettre à jour), informer (diffuser consignes et alertes), et s’assurer que chacun va bien (le « contact périodique » de l’article L.121-6-1 du CASF — appeler, écouter, escalader ; voir notre guide des appels). La confusion vient de ce que les cinq familles d’outils se présentent toutes comme « la solution canicule », alors que chacune ne couvre qu’un ou deux de ces gestes. Depuis le décret n° 2026-590 du 3 juillet 2026, le troisième geste change d’échelle : registre permanent, élargi chaque année aux bénéficiaires APA/PCH.
Le tableau en un regard
| Famille | Ce qu’elle fait | Ce qu’elle ne fait pas | Coût indicatif (sourcé) |
|---|---|---|---|
| 1. Logiciel de registre / suite CCAS | Tient le fichier : inscriptions, données, échéances, parfois publipostage | N’appelle personne ; ne classe pas les réponses ; n’alerte pas en temps réel | De gratuit (Mon Suivi Social, porté par l’État) à l’abonnement métier |
| 2. Téléalerte / automate d’appel de masse | Diffuse un même message à des milliers de destinataires (voix préenregistrée, SMS) ; au mieux une touche « tapez 1 » | N’écoute pas de réponse libre ; ne qualifie pas la situation de chacun ; pas de suivi nominatif de veille | 10 000 à 25 000 €/an pour une ville moyenne (marchés publics : Metz ≈ 20 000 €/an, Valence Romans ≈ 23 600 €/an)1 |
| 3. Téléassistance individuelle | La personne équipée déclenche elle-même un secours (bouton, détecteur) | Attend que la personne agisse ; contrat individuel, pas un dispositif communal ; ne couvre pas le registre | 25 à 42 €/mois par personne2 |
| 4. Appels humains (agents ou centre d’appels) | Le contact le plus riche ; externalisable (modèle du fichier REFLEX parisien) | Sature vite : ~5 min/appel, ~250 h d’agent pour 200 inscrits appelés 15 jours ; traçabilité manuelle fragile3 | Heures d’agent, ou marché de prestation |
| 5. Appels de veille conversationnels | Appelle chaque inscrit au rythme fixé, écoute et classe la réponse, alerte un agent en cas de besoin, relance les injoignables, trace tout | Ne remplace pas l’intervention humaine (l’escalade reste à l’agent) ; ne tient pas lieu de téléalerte de masse | Abonnement annuel par taille de commune ; grille publique Foyane dès 1 190 € HT4 |
Famille par famille
1. Les logiciels de registre et suites CCAS. Mon Suivi Social (gratuit, porté par l’État, hébergement certifié santé) intègre le registre des personnes vulnérables ; les suites métier du secteur (Arche MC2/Millésime, Elissar, Delta Intellection — ce dernier avec un module « plan canicule » orienté publipostage) gèrent le fichier et les courriers. Indispensables pour le premier geste, muets sur le troisième : aucun n’opère le contact. Si votre commune n’a rien, commencer par un registre bien tenu est le bon ordre — nos modèles gratuits y aident.
2. La téléalerte et les automates de masse. Gedicom, Cedralis, CII Télécom, Alertel, Cityc : des dispositifs éprouvés pour prévenir vite et en masse (crise, PCS, consignes canicule), souvent mis en avant comme preuve de l’obligation de moyens du maire. Leur limite est structurelle : la diffusion n’est pas la veille. Un message préenregistré ne sait pas que Mme M. n’a pas décroché depuis deux jours, ni que M. B. a répondu d’une voix inquiète. Les plus avancés collectent une touche clavier ; aucun ne conduit une conversation ni ne produit un suivi nominatif de veille.
3. La téléassistance. Précieuse à l’échelle individuelle, mais elle inverse la charge : c’est à la personne d’appuyer. Or les situations les plus graves des canicules sont précisément celles où personne n’appuie — l’épisode de juin 2026 s’est soldé par +91 % de décès à domicile3. Un dispositif communal proactif et la téléassistance se complètent ; ils ne se substituent pas.
4. Les appels humains. Le meilleur contact possible, et le vrai « concurrent » de toute automatisation. Sa limite est arithmétique : à ~5 minutes par appel, la veille quotidienne d’un registre de 200 personnes consomme des agents que le CCAS n’a pas au cœur de l’été (Nice : ~200 agents pour 2 500 inscrits toutes les 48 h ; Paris externalise plus de 10 000 appels REFLEX)3. L’externalisation à un centre d’appels résout le volume, pas la traçabilité fine ni le coût.
5. Les appels de veille conversationnels. La famille la plus récente — la nôtre. Le principe : l’appel se présente comme automatisé, prend des nouvelles, écoute la réponse en langage naturel, la classe (va bien, besoin d’assistance, à rappeler, injoignable, refus, répondeur), alerte immédiatement l’agent d’astreinte quand il le faut, relance les injoignables et produit le bilan horodaté — la preuve de diligence. Des communes utilisent des appels automatisés sur leur registre depuis des années (Toulon depuis 2017) ; la conversation et la classification sont ce que cette génération ajoute. C’est ce que fait Foyane, hébergée en France, la commune restant responsable du traitement. Jugez sur pièce : la démonstration se reçoit sur votre propre téléphone.
Cinq questions pour choisir
- Informer ou s’assurer ? Si le besoin est de diffuser des consignes : famille 2. Si le besoin est de savoir, personne par personne, qui va bien : familles 4 ou 5.
- Combien d’inscrits, à quelle cadence ? En dessous de quelques dizaines d’appels par semaine, vos agents suffisent peut-être ; au-delà, l’arithmétique des 5 minutes tranche vite.
- Qui reçoit l’alerte, et quand ? Une situation préoccupante détectée doit atteindre un agent en minutes, pas dans un rapport du soir.
- Que pourrez-vous prouver ? Le décret 2026-590 renforce la responsabilité du maire ; exigez de toute solution un historique horodaté, tentative par tentative.
- Quel budget, sur quelle ligne ? Comparez en coût annuel complet, en fonctionnement, et par personne suivie — les ordres de grandeur du tableau permettent un premier cadrage honnête.
Les bonnes combinaisons
Ces familles s’additionnent plus qu’elles ne s’excluent : un registre bien tenu (famille 1, y compris avec l’outil gratuit de l’État) + des appels de veille pour le contact périodique (famille 5) couvrent l’essentiel de l’obligation ; une téléalerte existante (famille 2) garde toute sa place pour l’information de masse ; la téléassistance (famille 3) reste un choix individuel que la veille communale complète. Le seul montage incohérent est celui qu’on rencontre le plus : un registre à jour… que personne n’a le temps d’appeler.
Questions fréquentes
Téléalerte ou appels de veille : quelle différence ?
La téléalerte diffuse un même message sans écouter ; les appels de veille interrogent chaque personne, classent sa réponse et alertent un agent si besoin. Informer la population et s’assurer que chacun va bien sont deux gestes différents.
Mon logiciel CCAS gère le registre : est-ce suffisant ?
Il tient le fichier — indispensable — mais n’opère pas le contact périodique. Registre et appels de veille sont complémentaires, pas concurrents.
Quels sont les ordres de grandeur de coût ?
Téléalerte : 10 000-25 000 €/an pour une ville moyenne (données de marchés publics). Téléassistance : 25-42 €/mois par personne. Appels humains : ~5 min par appel, soit ~250 h d’agent pour 200 inscrits appelés 15 jours. Appels de veille Foyane : abonnement annuel public dès 1 190 € HT.
Pourquoi faire confiance à un comparatif écrit par un éditeur ?
Ne nous faites pas confiance sur parole : chaque chiffre porte sa source, les solutions citées sont vérifiables, et les cinq questions de choix valent quel que soit le fournisseur. Notre intérêt est déclaré en tête de page — et notre conviction est qu’un acheteur public bien informé choisit mieux, y compris quand ce n’est pas nous.
- Marchés publics d’alerte à la population attribués 2022-2026 (données essentielles de la commande publique) : Metz environ 20 000 €/an, Valence Romans Agglo environ 23 600 €/an. Exemples de la famille : Gedicom (telealerte.fr), Cedralis, CII Télécom, Alertel, Cityc — caractéristiques relevées sur leurs sites, juillet 2026.
- Comparatifs publics de téléassistance 2026 (25 à 42 € par mois et par personne), pour-les-personnes-agees.gouv.fr.
- Santé publique France, point du 3 juillet 2026 (+91 % de décès à domicile, semaine du 22-28 juin) ; CCAS de Nice (2 500 inscrits appelés toutes les 48 h, ~200 agents, presse de juin 2026) ; Ville de Paris, fichier REFLEX (10 650 appels externalisés) ; estimation ~5 min/appel détaillée dans notre guide des appels.
- Grille publique Foyane : foyane.com/tarifs (abonnement annuel HT par taille de commune, tout compris). Mon Suivi Social : monsuivisocial.incubateur.anct.gouv.fr (gratuit, État/ANCT).
La comparaison la plus honnête reste l’écoute
Recevez un appel de démonstration sur votre propre téléphone : vous jouez la personne appelée, vous voyez ce que l’appel déclenche.