L’essentiel
  1. La vigilance météo retombe, mais le plan d’alerte se lève département par département, sur décision du préfet — pas au rythme des cartes nationales.
  2. Le bilan de campagne écrit à chaud (taux de jointe, issues, escalades, horodatage) est la preuve de diligence de la commune et la matière du prochain dimensionnement.
  3. Chaque épisode révèle les défauts du registre : c’est maintenant qu’on le corrige, pas en juin prochain.
  4. Depuis le décret n° 2026-590, le registre est permanent : la fin de l’alerte n’est plus la fin de la veille.
  5. L’échéance de janvier 2027 (transmission des données APA et PCH) se prépare dès cet été.

1. Solder la file d’appels avant de fermer le dispositif

Une campagne de veille ne s’arrête pas d’elle-même : au moment où la vigilance retombe, il reste presque toujours des personnes à rappeler et des injoignables dont le cas n’a pas été tranché. Les laisser en l’état, c’est fermer le dispositif avec des angles morts — précisément les situations que le registre existe pour couvrir. Avant de démobiliser, chaque fiche doit avoir une issue explicite : jointe, vue à domicile, prise en charge par un proche ou un service, ou signalée. Rappel utile : la vigilance météorologique est nationale, mais le plan d’alerte et d’urgence relève du préfet et se lève localement2 — tant que la levée n’est pas prononcée dans votre département, le contact périodique continue.

2. Écrire le bilan de campagne pendant que la mémoire est fraîche

L’épisode de fin juin a montré ce que coûte l’absence de trace : selon Santé publique France, la semaine du 22 au 28 juin a compté 2 025 décès en excès (+29,1 %), dont une hausse de 91 % des décès à domicile3. Le domicile est l’angle mort ; le registre et ses appels sont la réponse ; le bilan est ce qui prouve qu’elle a fonctionné. Un bilan utile tient en une page : période et cadence, nombre d’inscrits et de tentatives, taux de personnes effectivement jointes, répartition des issues, situations escaladées et leur suite, le tout horodaté. Ce document sert trois fois — preuve de diligence du maire, retour d’expérience du plan communal de sauvegarde, base de dimensionnement de la prochaine campagne. Les communes qui appellent à la main le savent : à Nice, environ 200 agents ont été mobilisés pour joindre 2 500 inscrits toutes les 48 heures4. Un tel effort mérite mieux qu’une mémoire orale.

3. Corriger le registre à chaud

Chaque campagne d’appels est aussi un audit involontaire du registre : numéros qui ne répondent plus, personnes déménagées ou décédées, proches à prévenir dont les coordonnées ont changé, inscrits qui souhaitent être radiés, voisins qui auraient dû y figurer. Ces constats s’évaporent en quelques semaines si personne ne les consigne. Le décret n° 2026-590 rend cette hygiène explicite : le maire répond de l’exactitude et de la mise à jour des données du registre5. La mise à jour d’après-épisode est le geste le plus rentable de l’année : c’est elle qui fait la qualité de la première heure de la prochaine alerte. Nos modèles de documents du registre (formulaire, accusé de réception, courriers) sont utilisables librement pour cette remise à niveau.

4. Ne pas ranger le registre : la veille est désormais une mission à l’année

Jusqu’à cet été, la tentation était compréhensible : l’alerte levée, le registre retournait dans son tiroir. C’est terminé. Depuis le 5 juillet 2026, le registre sert trois finalités permanentes — le contact périodique en période d’alerte, l’information des inscrits sur leurs droits et les aides, et la lutte contre l’isolement et le repérage de la perte d’autonomie, toute l’année5. Et le calendrier ne laisse guère de répit : cette vague était déjà la troisième de l’année selon Météo-France1, l’été n’est pas terminé, et le plan grand froid mobilisera le même registre dès l’automne. La question n’est plus « comment tenir trois semaines par an », mais « quelle organisation de prise de nouvelles tient à l’année » — cadence, script, escalade, trace : notre guide pratique détaille chaque brique.

5. Préparer l’échéance de janvier 2027 dès maintenant

Dernier geste, le plus stratégique : anticiper la croissance du registre. Aujourd’hui, 1 à 4 % seulement des personnes concernées y sont inscrites6. Le décret n° 2026-590 change l’échelle : au plus tard le 31 janvier 2027, les conseils départementaux et les caisses de retraite informeront les bénéficiaires de l’APA et de la PCH de la transmission de leurs données au maire ; sauf opposition sous deux mois, ces données arriveront ensuite en mairie — un flux estimé à environ 340 000 nouveaux bénéficiaires par an6. Un registre de 80 personnes qui en compte 300 au printemps prochain ne s’appelle plus avec le même dispositif. Le bon moment pour poser ce calcul, c’est maintenant, bilan de l’été en main : notre calculateur convertit inscrits, cadence et durée d’épisode en heures d’agent, hypothèses affichées.

C’est ce travail de fond que Foyane outille : des appels de prise de nouvelles au rythme que la commune fixe, une alerte immédiate aux agents quand une situation le demande, et un bilan horodaté, personne par personne, produit automatiquement en fin de campagne. Voir comment fonctionne une veille, ou relire notre décryptage du décret n° 2026-590.

Questions fréquentes

La levée de la vigilance Météo-France met-elle fin au plan d’alerte ?

Non, pas automatiquement. La vigilance est nationale ; le plan d’alerte et d’urgence est déclenché et levé par le préfet, département par département. Une commune poursuit son dispositif tant que la levée n’est pas prononcée localement — et rien ne lui interdit de prolonger la prise de nouvelles pour les personnes signalées fragiles pendant l’épisode.

Que doit contenir le bilan d’une campagne d’appels ?

Période et cadence, nombre d’inscrits et de tentatives, taux de personnes effectivement jointes, répartition des issues (va bien, besoin d’assistance, à rappeler, injoignable, refus), situations escaladées et leur suite — le tout horodaté. Une page suffit si elle est précise.

Le registre sert-il encore entre deux alertes ?

Oui, c’est le changement de l’été 2026 : depuis le décret n° 2026-590, le registre n’est plus réservé au plan d’alerte. Il sert aussi à informer les inscrits sur les aides et à proposer des actions de lutte contre l’isolement, toute l’année.

Combien de temps conserver les traces des appels ?

Le décret fixe la conservation des données du registre lui-même (base active jusqu’au décès ou à la radiation, journaux techniques un an). La durée de conservation des traces d’appels de la commune relève de son registre des traitements : proportionnée, et validée avec le délégué à la protection des données. Bonne pratique : conserver le bilan agrégé durablement, les données nominatives le temps strictement nécessaire au suivi.

  1. Météo-France, bulletins de vigilance des 15 au 17 juillet 2026, repris notamment par Le Parisien (15/07 : fin de la vigilance rouge, 69 départements en orange), La Croix (16/07 : « troisième vague de chaleur de l’année », levée progressive) et CNews (17/07 : 16 départements maintenus en vigilance orange, sud-est et Corse).
  2. Article L.116-3 du Code de l’action sociale et des familles : le plan d’alerte et d’urgence départemental est mis en œuvre sous l’autorité du préfet.
  3. Santé publique France, point de situation sur la mortalité toutes causes, période du 22 au 28 juin 2026, publié le 3 juillet 2026.
  4. Ville de Nice / CCAS, dispositif plan canicule, presse de juin 2026 (2 500 inscrits appelés toutes les 48 heures).
  5. Décret n° 2026-590 du 3 juillet 2026 relatif aux modalités de collecte, de transmission et d’utilisation des données du registre nominatif dit « registre communal », Journal officiel du 4 juillet 2026, Légifrance (JORFTEXT000054386844). Voir notre décryptage complet.
  6. Maire info, « Le registre communal des personnes vulnérables évolue en profondeur », 6 juillet 2026, citant Santé publique France (taux d’inscription de 1 à 4 %) et l’estimation gouvernementale d’environ 340 000 nouveaux bénéficiaires APA/PCH par an.

Le bilan de votre campagne d’été, produit automatiquement ?

Un échange de trente minutes, ou une démonstration reçue directement sur votre téléphone. Sans engagement.